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Grand Evangile de Jean

[1.1.12] De la compréhension de ces trois versets découle celle du quatrième.

[1.1.13] Il est facile de comprendre que l'être originel de toute existence, la lumière de toute lumière, la pensée originelle de toute pensée et de toute idée, la forme primordiale en tant qu'origine fondamentale de toute forme ne pouvait être dépourvue de forme et ne pouvait être chose morte, la mort étant le parfait contraire du fondement même de l'être. Ainsi en cette parole, ou en cette lumière, ou cette grande pensée de Dieu en Dieu, et à l'origine de Dieu Luimême, il y avait la vie la plus parfaite. Dieu était donc en Lui-même et par Luimême, de part en part, le fondement le plus absolu et le plus éternel et le plus parfait de toute vie, cette lumière ou cette vie appelant tout être à la vie, et cette lumière ou cette vie étant la lumière, étant la vie même en tout être, et en tout homme issu de Lui. Ces êtres et ces hommes ont été faits à la parfaite image de la lumière originelle qui est la condition première de leur existence, leur lumière et leur vie étant parfaitement semblables à cet être primordial éternel.

[1.1.14] Mais comme la vie originelle divine est, et doit être parfaitement libre, sans quoi elle ne serait pas la vie, et que la vie de tous les êtres créés est et doit être semblable à la vie originelle, sans quoi la vie et la non-vie ne pourraient être, il en résulte clairement, de toute évidence, qu'il ne peut être donné aux êtres créés, aux hommes, qu'une vie parfaitement libre, ressentie comme étant parfaitement libre, sans conclure pour autant que cette vie procède d'euxmêmes, mais qu'elle a bel et bien été rendue possible par la toute puissante volonté de Dieu.

[1.1.15] Tout être créé devant avoir la perception que la vie et l'être sont et doivent être à la parfaite image de Dieu sans lequel ils n'auraient ni vie, ni existence.

[1.1.16] Mais si nous considérons les choses de plus près, il s'avère que deux sentiments se retrouvent nécessairement dans tous les êtres créés, soit, d'une part, le sentiment d'avoir en soi la ressemblance divine ou la lumière divine originelle, et, d'autre part, conséquemment à cette lumière, le sentiment d'un devenir progressif par la volonté primordiale du Créateur.

[1.1.17] Le premier sentiment situe la créature dans une ressemblance absolue avec le Créateur, de sorte que la créature se croit issue d'elle-même, parfaitement indépendante et sans lien aucun avec quelque origine primordiale éternelle, qu'elle croit contenir et posséder par elle-même. Le second sentiment qui découle nécessairement du premier, est la conscience d'être issue de cette propre origine primordiale et de s'être manifestée librement dans le temps, tout en se considérant très dépendante de cette origine primordiale.

[1.1.18] Ce sentiment d'humiliation change la première attitude d'orgueil en sentiment d'humilité, ce qui est infiniment nécessaire, comme il le sera démontré ultérieurement.

[1.1.19] Le sentiment d'orgueil combat puisamment ce sentiment d'abaissement qu'il veut réprimer.

[1.1.20] De ce combat surgit la rancoeur et finalement la haine à l'égard de cette origine primordiale de tout être et le refus de se voir abaissé par ce sentiment de dépendance ; c'est ainsi que ce sentiment d'orgueil se raidit et s'assombrit. Au lieu de la lumière primordiale, c'est alors la nuit et les ténèbres dans cette créature et cette nuit et ces ténèbres ne reconnaissant plus guère en elles la lumière primordiale, elles l'en éloignent aveuglément.

[1.1.21] Cette lumière primordiale peut bien briller dans une telle nuit, mais cette nuit issue de la lumière qu'elle ne peut plus voir, ne peut plus reconnaître la lumière qui vient à elle pour la rétablir dans cette véritable lumière primordiale.

[1.1.22] C'est ainsi que Je suis venu comme l'éternel Être originel de toute existence et comme la lumière primordiale de toute lumière et de toute vie dans le monde des ténèbres, pour tous ceux qui sont issus de Moi mais qui ne M'ont pas reconnu dans la nuit de leur débile sentiment d'orgueil.

[1.1.23] Le cinquième verset montre comment Je suis venu en tant que Celui que Je suis de toute éternité selon Mes dimensions et proportions primordiales, en ce monde que J'ai créé et engendré et comment il ne peut Me reconnaître comme le propre fondement de son être.

[1.1.24] En tant qu'origine de toute existence, Je n'avais qu'à voir de Mon éternelle toute lumière primordiale, comment ce sentiment de supériorité qui est la lumière primordiale en l'homme s'était affaibli de plus en plus au cours de ce combat continuel et que cette lumière de vie était devenue de plus en plus sombre et ténébreuse au point que si Je venais aux hommes dans les belles proportions que Je leur avais données, ils allaient nécessairement être incapables de Me reconnaître, pour la plupart du moins, d'autant que Je venais à eux inopinément comme un pur «Deus ex machina» sous une forme humaine inattendue ; Je n'avais alors qu'à M'en prendre à Moi-même s'il était impossible aux hommes de reconnaître Ma venue inattendue !...

[1.1.25] Certes, Je l'avais prévu de toute éternité. Aussi J'ai fait annoncer fidèlement aux hommes Ma venue avec précision par des milliers de voyants que J'ai suscités et qui, dans la lutte, n'avaient pas perdu la lumière. Quand Ma venue s'est réellement opérée, je L'ai fait suivre de prodiges et J'ai fait surgir un homme en qui demeurait une âme de haute spiritualité qui put annoncer aux hommes Ma venue et Ma présence sur terre.

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