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[MDD 1.27.14] Vois : lorsque Kad eut terminé son discours, Kahrak (le maître des prostituées) se leva et prit la parole : "Frères, s'il en est ainsi, la victoire est à nous ! En ce qui me concerne, j'approuve tout à fait ce que Kad vient de dire. Nous serions encore plus fous qu'Hanoc si, puissants tels que nous sommes, nous devrions l'entretenir pour nourrir sa folie et l'engraisser par-dessus le marché afin de l'exciter encore plus à coucher avec les plus belles de nos femmes ; et, ainsi que vous le savez, dès qu'elles ont cessé de lui plaire, nous devons considérer comme une grâce extraordinaire de recevoir en cadeau ce dont il ne veut plus ! Je crois bien que nous allons garder les plus belles pour nous-mêmes ! Nous donnerons les moins jolies à nos serviteurs ; celles qui restent deviendront la propriété de nos sujets, et Hanoc le sanguinaire pourra corrompre ses propres filles et en goûter la honte ; qu'il devienne maigre comme les jambes du bélier, mange avec les veaux et boive avec les oiseaux ! Pourquoi ne devrions-nous pas lui réserver le sort qu'il fit subir à notre père ? Ne s'est-il pas permis des choses que même notre père Caïn n'aurait pas osé imaginer, lui qui dut fuir alors qu'il était autant son père que le nôtre ? Et voyez, pour nous, il n'est qu'un frère des plus stupides : pourquoi ne devrions-nous pas le rétribuer pour la fuite de Caïn ? - C'est là mon opinion et je pense qu'elle serait avantageuse pour chacun de nous ; pour ma part, j'agirai vis-à-vis de l'ancien Dieu comme Kad l'a justement et sagement démontré."

[MDD 1.27.15] Tous donnèrent unanimement leur assentiment au discours de Kahrak ; sur ce, Nohad (le trompeur) se leva et dit : "Vous connaissez la fonction et l'emploi que j'occupe selon la volonté d'Hanoc et auxquels je préside avec toute la fidélité, le zèle et la diligence nécessaires ! Pourtant, je vous le demande, qu'ai-je gagné après une si longue période de travail ? Chacun de vous sera d'accord si je déclare : moins que rien ! Ce qui signifie que j'ai aidé le plus grand trompeur à tromper et, par conséquent, ai été un trompeur trompé ; je fus forcé de feindre un genre de vie restreint devant le peuple à cause de la stupide hypocrisie d'Hanoc et de refuser chaque joyeuse jouissance, vu ma fonction de sévère gardien de la loi ; tout cela ne m'a rapporté ni louanges, ni récompense dont j'aurais pu bénéficier en secret pour avoir appliqué les sanctions exigées par son incompréhensible folie, mais bien au contraire, j'ai dû supporter les pires blâmes et des menaces de toutes sortes de sa part. Vous autres n'avez pas connu ces difficultés et avez pu faire bien des choses selon votre bon plaisir, ce qui me fut toujours refusé, vu que j'étais l'exécuteur légitime de sa plus grande folie. Je devais réaliser et faire réaliser ses désirs les plus fous et les plus exécrables avec la plus grande précision et leur donner une apparence de légitimité sous le couvert de mon hypocrisie, ce qui était mon fort ; il en résultait que, en ma qualité de trompeur légitime, je devais nécessairement me faire tromper en retour, à cause de la légitimité de mes tromperies, et ceci de triple façon : d'abord par Hanoc, à cause du droit établi, puis par moi-même, à cause du peuple, et finalement par le peuple et par vous tous à cause d'Hanoc. Je pense qu'après m'être ainsi arraché mon masque mensonger devant vous, je vous aie suffisamment démontré les raisons de mon absolu mécontentement. Et maintenant, jugez vous-mêmes s'il y a encore en moi quelque chose de trompeur alors que, motivé par l'ingratitude d'Hanoc à mon égard, je me débarrasse de cette triple tromperie et la lui jette à la face en la révélant au peuple. Il pourra alors constater où le mène sa divinité et lui courir après comme un boiteux derrière un cerf. Par conséquent, je vais suivre les bons conseils de Kad et me tenir exactement aux directives de Kahrak ; mes déclarations seront inoffensives à ses yeux et le trot de mes chameaux n'incommodera pas ses oreilles. C'est pourquoi je prends possession de la ville qui porte mon nom !"

[MDD 1.27.18] Qui pourrait compter toutes les gouttes du sang versé par mes puissantes mains en exécutant les arrêts de Nohad, le trompé, ce sang qui coula du dos et des reins du pauvre et faible peuple, lequel est autant qu'Hanoc et nous-mêmes le descendant de Caïn ; et cela n'arriva pas à cause de la transgression de quelque commandement ou d'une quelconque paresse à ne pas suivre exactement la loi, ni par la plus petite découverte d'une culpabilité éventuelle, mais simplement, comme vous le savez tous, par pur plaisir et passe-temps, - sans nommer tous les mauvais traitements infligés lors de la construction des villes. A vrai dire, il m'est tout à fait incompréhensible que ces pauvres être soient encore en vie après un si long martyre. Pour chaque manquement, Hanoc savait toujours nous rappeler la fragilité du récipient de derrière les étoiles que vous connaissez bien ; mais il oubliait régulièrement celui de dessous la terre !

[MDD 1.27.20] Comme nous étions encore ses serviteurs, il fallait que nous soyons nous-mêmes cruels, afin d'éviter tout soupçon. Mais maintenant que les villes sont bâties, le peuple réparti comme il se doit, la force est nôtre, et en plus, nous reconnaissons à nouveau le vieux Dieu et Lui offrirons le sacrifice promis. Qu'avons-nous besoin de plus ? Si le peuple nous a obéi alors que nous le maltraitions, il ne nous sera certainement pas infidèle si nous voulons guérir ses plaies et lui donner des lois plus sages et plus clémentes que celles inspirées par la plus affreuse des cruautés. Voyez on m'appelle le méchant, mais j'aimerais vous poser une question : qui est vraiment le plus méchant, de moi, d'Hanoc ou du serpent de Caïn ? Je pense qu'Hanoc est le maître de toute méchanceté et que le serpent a placé son entière couvée dans son cœur, - car autrement, une telle cruauté entre frères serait impossible !

[MDD 1.27.24] Vu que je suis pleinement d'accord avec vous tous, je pense ne pas agir injustement en suivant mes sentiments que j'ai dû trop longtemps refouler en face des horreurs et des crimes d'Hanoc. Car celui qui éprouve des sentiments vis-à-vis de la douleur et de la torture en éprouve aussi vis-à-vis du bien, ainsi que j'ai souvent eu l'occasion de le constater. C'est pourquoi, il faut que nous régnions dorénavant pour faire le bien. Si quelqu'un fait le mal, qu'on le traite selon la mesure de son acte, mais avec indulgence, vu qu'il est également un frère ; quant à ceux qui obéissent et font le bien, qu'on le leur rende dix fois la mesure. Et seulement alors, nous offrirons un digne sacrifice au vieux Dieu, ce qui Lui plaira certainement, car nous Lui rapporterons ainsi ce que Caïn et Hanoc ont perdu pour nous de façon criminelle et avec une coupable légèreté."

[MDD 1.27.26] Le sang encore chaud de nos pauvres frères a fait fondre la carapace de glace qui s'était formée autour de ton cœur ; il en jaillit maintenant une abondante chaleur dont il faut que tu fasses usage. C'est pourquoi : fais-nous en tous bénéficier !"

[MDD 1.27.27] Et vois, Uvrak (la graine de serpent) se leva également et dit : "Frères, écoutez tous ! Certes, vos jugements sont justes, droits et bons. Mais celui de Hlad - si on le considère avec acuité - est de toute évidence le plus conforme à la vérité. Par conséquent, à part une seule chose, je suis tout à fait de votre avis. Ce que je voudrais ajouter est d'une grande importance et se résume à ceci : faisons preuve d'extrême ruse et de grande prudence dans tout ce que nous allons entreprendre. Car voyez-vous : agir justement, faire le bien, juger de façon équitable et légitime, donner de justes récompenses, établir un ordre parfait, - toutes ces choses sont absolument nécessaires au bien du peuple, comme au nôtre. Mais tous les libres sujets de la ville d'Hanoc savent aussi que nous sommes des princes et ces idiots tiennent Hanoc pour un dieu et ne voudront pas en démordre pour tout l'or du monde ; et notre peuple est encore plus ancré dans cette folie que tous ces libres citoyens.

[MDD 1.27.33] "Frères, écoutez-moi ! - pour autant que vous soyez encore dignes de ce nom ! J'ai entendu vos discours, qui m'ont révélé vos pensées, mais qui dissimulaient avec ruse votre concupiscence mutuelle ; vous vous êtes menti réciproquement au sujet de vos plans et êtes ainsi devenus des émeutiers les uns envers les autres, vu que chacun de vous a l'intention de s'échapper secrètement pour avertir Hanoc qu'un rassemblement des princes a eu lieu avant l'importante date de la nouvelle entrée en fonction du gouvernement ; chacun aura soin d'assurer Hanoc de sa grande fidélité à son égard, et de lui affirmer qu'il n'a pas manqué de déclarer aux princes qu'ils avaient jugé honteusement leur souverain, - tout cela afin que celui-ci voit clairement à qui il a confié le gouvernement des dix villes, ce qui aurait pour conséquence qu'Hanoc le pourvoirait de toute-puissance et le placerait comme prince unique au-dessus de nous autres naïfs, qui ne manquerions pas alors de partager nécessairement le sort de Caïn.

[MDD 1.27.34] O canailles que vous êtes, piliers de la méchanceté ! Demandez-vous à vous-mêmes si vous avez jamais été capables d'une seule bonne action ! Car tout ce que vous avez atteint - et il en va de même de moi, vous l'avez obtenu par ruse, malignité, tromperie, flatterie et hypocrisie. Le pauvre peuple n'a-t-il pas encore assez souffert ? N'est-il pas devenu si misérable qu'il n'a plus le visage d'un être humain ? Et comment l'avons-nous jamais récompensé de nous avoir nourris si docilement depuis longtemps, lui faisant subir en échange des mauvais traitements de toutes sortes ? Tous ceux que vous nommez hommes-bêtes n'ont-ils pas également des droits sur tout ce que la terre porte ? Il leur fut interdit de manger les fruits mûrs, ils n'avaient droit qu'aux fruits pourris ! Et cela ne vous suffit pas encore, puisque vous voulez les rendre mille fois plus malheureux et misérables qu'ils ne sont déjà !

[MDD 1.27.40] A présent, répondez à mes questions, si vous le pouvez, ou dites-moi ce que vous avez l'intention de faire, franchement et sans crainte, comme je l'ai été moi-même devant vous ; car moi, je n'aspire à aucun pouvoir ni à aucune principauté, mais uniquement au juste accomplissement des devoirs qui me sont imposés par mes fonctions, et je m'efforce d'obtenir la bienveillance du Vieux ; c'est la raison pour laquelle je n'ai jamais commis d'injustice ni déshonoré de femmes, de vierges et encore moins de fillettes de douze ans ou même moins, comme vous l'avez fait. Et vous m'avez appelé "le cruel" parce que je ne voulais pas être une paresseuse canaille qui vous ressemble !

[MDD 1.28.2] Mais si nous extirpons de nous toute cette insolente convoitise et devenons des frères véritables et fidèles envers le peuple et Hanoc selon les lois de la justice et de l'équité, serons-nous encore des crapules ?'

[MDD 1.28.7] Celui qui vit dans l'amour de soi-même vit dans l'amour de sa chair ; et celui qui aime sa chair a en lui la convoitise de la mort, et la mort l'envahira à travers cette convoitise et le rendra prisonnier dans toutes les fibres de son corps ; et elle le dévorera et le tuera. C'est ainsi qu'il deviendra un déchet de la mort et un engrais pour la terre qui porte en elle le fruit de la corruption éternelle. Maintenant, je vous ai tout dit ; agissez selon la vie ou la mort, amen."

[MDD 1.28.25] Voyez, mes frères, c'est là le seul salaire que je mérite, et je ne crois pas que ma demande soit injuste, car je sais trop bien maintenant que le vieux Dieu ne peut m'accorder ni grâce ni miséricorde à cause de Sa sainteté que je suis seul à avoir outragée d'inexprimable façon.

[MDD 1.29.1] Alors, Farak se leva une fois de plus et dit : "Vois, frère Thahirak, Dieu, ainsi que tous les esprits libres ne peuvent pas effacer ce qui s'est passé dans toutes les éternités des éternités, et nous autres humains le pouvons d'autant moins ! Je pense que tu seras d'accord avec moi si je te dis que si quelqu'un possède la moindre étincelle de sagesse, il sera forcé de raisonner de la façon suivante :

[MDD 1.29.2] "Cet homme a grandement failli par méchanceté, car il ne possédait pas la grâce d'En-haut et était prisonnier de son égoïsme pour son plus grand dommage ; mais l'amour miséricordieux du Seigneur lui envoya un brûlant éclair accompagné d'un fort tonnerre, ce qui lui permit de se rendre compte de toute son infamie et de ses nombreux crimes. Alors, si un tel homme se mettait à avoir peur et regrettait toutes ses mauvaises actions du plus profond de son cœur en se refusant dorénavant à toute méchanceté, soumettant ainsi sa volonté à la grâce de Dieu, - dis-moi, que ferais-tu toi-même de lui ? Tu me répondrais sûrement que tu lui pardonnerais et le considérerais comme s'il n'avait jamais fauté, et tu ressentirais une grande joie de voir qu'un égaré se soit retrouvé lui-même et ait réussi à sortir des ténèbres de la folie pour atteindre à la lumière de la grâce divine ! - Laisse-moi te dire que tu as bien répondu, toi qui n'es qu'un être humain ; imagine-toi alors combien le Dieu de toute sagesse et de tout amour approuverait ton attitude, Lui qui connaît mieux que quiconque toutes les raisons qui nous poussent à faillir si souvent !

[MDD 1.29.3] Sache bien que nous autres, gens sans amour, jugeons nos frères égarés selon le nombre de leurs crimes, qu'ils se repentissent ou non. Dieu, Lui, dans Son amour et Sa sagesse, ne juge pas les repentis, mais uniquement les pécheurs non repentis. Mais ce qui est arrivé restera à jamais inscrit dans l'impérissable mémoire de Dieu en tant que tache indélébile marquée sur la ligne de notre vie ; cette ligne ne passe pas en jugement dès son début, ni même en son milieu, mais seulement à sa fin, vu qu'elle peut grandir et s'allonger soit en un trait droit qui correspond à l'amour et à la justice découlant de notre vie, soit en un trait courbe, conforme à la méchanceté et à l'injustice qui furent les attributs de celle-ci.

[MDD 1.29.4] Et vois, la force de la sagesse émanée de Dieu a rectifié la ligne courbe de ta vie ; c'est pourquoi il ne faut pas que tu te juges toi-même, mais que tu prolonges cette ligne en suivant la bonne direction, laquelle te mènera vers le Dieu véritable en toute obéissance et justice ; ne perds pas des yeux cette ligne de vie que Dieu corrigea pour toi, afin que tu ne quittes plus jamais le droit chemin ; et si tu devais constater quelque déviation de ce chemin-là, corrige-la aussitôt en demandant la grâce d'En-haut, laquelle te montrera le but élevé de ta vie dans toute sa lumière dans le royaume de l'amour éternel et de toute Vie qui en découle.

[MDD 1.29.9] Lorsque Farak eut également converti Hanoc tout aussi facilement que les autres, celui-ci se leva et, saisissant la puissante main de son frère, lui dit : "O frère, tu as bien parlé et agi sagement ; car là où une créature, est encore vivante existe aussi l'espoir d'obtenir amour et grâce d'En-haut, comme c'est le cas pour moi ; mais là où se trouve la mort, tout est fini. Maintenant, moi et le peuple sommes encore vivants - et tous les espoirs me sont permis de pouvoir réparer bien des torts. C'est pourquoi le veux guérir toutes les plaies que j'ai infligées à mes frères, et ceci en restant à tes côtés, toi qui, par ta vue intérieure des choses as pu m'éviter un grand malheur, à moi le méchant trompeur, ainsi qu'à mon pauvre peuple !"

[MDD 1.29.13] Vois : Johred (le sage caché à la manière de Farak depuis longtemps trépassé), fils aîné de Metuschaël, vivait encore et jouissait d'une parfaite santé, et il en allait de même pour son plus jeune frère Hail (élève fidèle de Jéred et souverain légitime).

[MDD 1.29.18] Vois : ceci arriva aux deux frères parce qu'ils étaient devenus orgueilleux de leur sagesse ; en tant que fils de prince, ils avaient oublié que la vraie sagesse se trouve uniquement dans la plus grande humilité et que si on place celle-ci au second plan, la sagesse est aussitôt profanée ; et vu qu'il en était ainsi pour eux, il était impossible de les conseiller ou de les aider sans porter atteinte à leur liberté, ce que Je ne puis faire le moins du monde, car la plus petite part de liberté a infiniment plus de valeur que la vie qui anime les choses naturelles et les corps de tous les êtres vivants de cette terre. C'est la raison pour laquelle le déploiement de la puissance dans les guerres est permis, afin de respecter s'il le faut la volonté et la liberté d'action d'un seul être humain.

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